L’église Saint-Merry est située à l’intersection de l’ancienne voie romaine nord-sud, l’actuelle rue Saint Martin et de l’axe est-ouest, rue de la Verrerie. Medericus (Merry), ermite, prêtre et moine, serait mort dans cet endroit, le « 4 des calendes de septembre » (qui correspond au 29 août) vers l’année 850. En 884, lors du dernier siège de Paris par les Normands, il fut choisi comme le patron de la rive droite.
L’édifice actuel a été construit entre 1500 et 1550. Il présente la double particularité de comporter un bas-côté supplémentaire au sud et d’avoir le même plan que Notre-Dame (le chœur étant sensiblement égal en longueur à la nef). L’église était surnommée « Notre-Dame la petite », elle était desservie par sept chanoines du chapitre de la Cathédrale.
La construction appartient au style gothique du 15ème, les fenêtres et la voûte de la croisée du transept se ressentent de l’influence anglaise dite « flamboyante », l’ensemble des lignes intérieures reste extrêmement sobre et d’une rare unité architecturale.
Au 18ème, le chœur est habillé de stuc. A la même époque, l’architecte Boffrand réalise la grande chapelle dite de « communion » (car c'est là que l'on donnait la communion aux laïcs, et non dans le chœur réservé aux clercs et clos).
Au 18ème siècle, l’architecte Boffrand réalise la grande chapelle dite de « communion » (car c'est là que l'on donnait la communion aux laïcs, et non dans le chœur réservé aux clercs et clos). Pour la première fois, on utilise l'éclairage zénithal (les trois coupoles en verre) qui sera repris par la suite dans la grande galerie du Louvre. Cette chapelle, construite sur un charnier en 1743 est ouverte sur l’église en 1760.
Trois grandes peintures murales ornent la chapelle :
Saint Jean Chrysostome voit les anges assistant les fidèles à la sainte communion par Louis-Alexandre Péron, 1819.
Les Disciples d'Emmaüs par Charles Coypel, 1749 (au-dessus de l'autel).
Saint Charles Borromée donnant la communion aux pestiférés de Milan par Guillaume-François Colson, 1819.
Le portail se compose de douze statues statues d'apôtres réalisées par les sculpteurs Louis Desprez et Joseph-Silvestre Brun au 19e siècle, en remplacement de celles détruites à la Révolution. Des saints, des anges, la Vierge, moines et divers personnages sont représentés. On note aussi un cordon comme celui de la nef (animaux et feuillages), et au centre un grotesque à figure de diable.
Les verrières de la nef datent du début du 16ème. Côté sud, elles retracent la vie de Saint Nicolas de Myre, Sainte Agnès, Saint François et celle de la Vierge. Côté nord, vie de Sainte Marie-Madeleine, les miracles du Christ, vie de Saint Jean-Baptiste et de Saint Thomas.
[1] incrédulité de Saint Thomas
[2] Saint Thomas rencontre Jésus
[3] à [5] Saint Thomas et Gondopharès Ier
[6] Saint Thomas, emprisonné sur ordre du roi Gondopharès, est visité en prison par la princesse Migdomie
[7] Saint Thomas prêchant
Selon « Les Actes de Thomas », écrit apocryphe du 3e siècle, l’apôtre Thomas serait venu à la cour de Gondopharès (Goudnaphar) (Actes de Thomas 17,1) et aurait entrepris l’évangélisation de son royaume (Ib - 26,2) avant d’aller dans le sud de l’Inde et de mourir près de Madras.
[1] La tête de Jean-Baptiste aurait été découverte lors de la quatrième croisade
[2] Salomé reçoit la tête de jean-Baptiste
[3] Présentation de la tête de Jean-Baptiste à Hérode
[4] Arrestation de Jean-Baptiste
[5] Mise au tombeau de Jean-Baptiste
[6] Zacharie et Elisabeth, les parents de Jean-baptiste
[7] Jean-Baptiste devant Hérode
[1] l'âme de Nicolas est élevée au ciel par 2 anges
[2] Mort de Saint Nicolas
[3]
[4] Nicolas prend la défense des trois officiers injustement condamnés
[5] Trois officiers de Constantin sont injustement condamnés
[6] Nicolas fait décharger un bateau de vivres pendant la disette
[7] Châtiment d'un débiteur de mauvaise foi écrasé par la charette
Les huit baies du chœur et du transept sont attribuées à Pinaigrier. Le vitrail du transept de droite représente quatre donateurs. Les trois vitraux du chœur qui lui font suite racontent l’apostolat de Saint Pierre. Les verrières d’en face (côté nord du chœur) décrivent l’histoire du patriarche Joseph en Egypte.
Deux vitraux du 16ème, enclavés, à gauche de l’autel de la Vierge, représentent Saint Martin donnant son manteau à un pauvre, une Piéta et Saint Eloi.
[1] Saint Michel terrassant le dragon
[2] 2 Sibylles
[3] 2 Sibylles
[4] 2 Sibylles
[5] St Jean-Baptiste, St Merry
[6] St Pierre, St André, St Paul